Tuesday, 27 February 2018

Lune à tic, Mars à tac

Le lent tempo de la conquête spatiale, cinquante ans de Lundi à Mardi. Neil Amstrong au premier temps, la Lune à tic, Matt Damon au second temps, Mars à tac. Vingt ans après Jack Nicholson dans le rôle de Donald et les soucoupes volantes de Tim Burton, v'là qu'on abandonne Matt tout seul sur la planète rouge. Seul sur Mars! Qu'évoque cet équivoque constat: rêve ou cauchemar? Sujet philosophique, réponse lunatique.

LUNATIQUE.  En version rêve, c'est "être dans la lune". Existe-t-il expression plus claire mon ami Pierrot? Est-ce te demander la lune que de me prêter ta plume pour bloguer un mot? Impossible me souffles-tu, autant chercher la lune en plein jour?  Prendre nos rêves pour réalité? Oui! Onirisme revendiqué (onar, le rêve, mot censé initial du grec ancien).  Si on nous promet la lune, et même si on la décroche, promettons de ne pas en tomber. Ni des nues d'ailleurs. L'auteur y reste. Etre dans la lune, c'est être dans la lumière (même famille etymologique). Ou être illuminé, c'est selon (Alhazen, clairs de lunes, du même auteur).

Mais les rêves, tous ces rêves que l'on ne faisait plus
Mais les rêves, tous ces rêves que l'on croyait perdus
Il suffit d'une étincelle pour que tout à coup
Ils reviennent de plus belle, au plus profond de nous...
(Pierre Rapsat, Dazibao, 2001)

LUNATIQUE.  En version littérale, c'est être sous l'influence de la lune. Ou des lunes, puisqu'elles sont deux à orbiter autour de Mars, au nom des fils jumeaux du dieu de la Guerre: Phobos et Deimos, littéralement Peur et Terreur, jumelles éternelles de la guerre. Seul sur Mars sous telles luttes influentes tue le rêve. Donc, la réponse littérale à la question philosophique, réponse Mars à Mars si on transpose l'expression de bleu en rouge, penche plutôt côté cauchemar. Phobos et Deimos, une  influence d'enfer -- comme le métal à l'origine de la couleur de Mars. A croire que le fer y a dissout l'eau, ou l'inverse, comme causait si bien Bourvil.

Jumelle de guerre, Phobos n'est pas harmonieuse. Avec ses vraies bosses, Phobos est quasi le Quasimodo du système solaire. Tellement déformée par Stickney (du nom de l'Esmeralda de Mr Hall, qui avec ses entrées a localisé Phobos), cette petite lune de dimensions 27 x 22 x 19 Km (on fait le tour en vélo) voit sa gravité divisée par deux en certains endroits. Imaginons Milou qui ne se tient plus dans "On a marché sur Phobos".
 
Phobos, ce grec à l'origine de nos phobies, se distingue de Phoibos, radieux, brillant, à l'origine de Phoebus, le rival de Quasimodo auprès d'Esmeralda, mais surtout synonyme d'Apollon, un autre Grec, symbole de la beauté, de l'art, du soleil, .. symbole de rêve somme toute. Entre rêve et cauchemar, il n'y a donc en somme que l'épaisseur d'une lettre. Preuve aussi que l'absence de l'i nuit au somme.

LUNATIQUE. Alors, somme toute, seul sur Mars, rêve ou cauchemar? A question philosophique, réponse lunatique. Enfin tout de même, seul sur Mars, comme chantait feu notre ami Pierrot peu avant d'éteindre sa chandelle: "Aimons les étoiles, tous les rêves, tous ces rêves sont en nous". Alors, sur Mars, oui un rêve. Euh, à la réflexion,...la chandelle morte, n'ayant plus de feu, seul sur Mars même avec l'amour de Dieu, on imagine vite la part de cauchemar. Alors quoi: rêve ou cauchemar? L'un puis l'autre ? De l'un à l'autre? Ou bien, l'un ou l'autre? On ne sait pas. Lunatique, troisième signification: qui est d'humeur changeante.

Sources:  Pierre Rapsat, wikipedia.org

Sunday, 11 February 2018

Triangle Parfait

Imaginons un beau tas de bûches rondes, un fait divers réchauffant par ces grands froids au coin du feu. Si le bûcheur a bel et bien bûché, l'esthétique empilement est triangulaire. Pour ne pas se fouler, disons 10 bûches en bas, puis 9 au-dessus, puis 8, puis 7, etcaetera, pour finir avec 1 bûche au faîte. Au fait, 55 buches en tout (mais si, vous pouvez compter jusque là).

A cause de la forme du tas, 55 est dit 'nombre triangulaire', c'est même le dixième du nom (10, le nombre de bûches en bas). Pour les moins bûcheurs d'entre-vous, 3 est le deuxième 'nombre triangulaire' (allez, on vous aide: 2 bûches en bas +1 au faîte). Top facile dites-vous? Compter jusqu'à 3 ou 4 est difficile pour certains.... Un certain Pythagore (courage, ne fuyez pas) nous a fait toute une théorie sur un truc indécis: le 'triangle rectangle' (votre serviteur arrive pourtant à faire la distinction, suffit de compter les cotés). I alla même jusqu'à théoriser sur des carrés de triangle! Soit il était carrément rond, ou alors il travaillait sous influence (son petit coté hypnoténusé).

Alors, lui demander de compter jusqu'à 55... Pas bûcheur, Pythagore trouva la formule pour ne pas se fouler: le dixième nombre triangulaire, c'est 10 x 11, divisé par deux (11, c'est le nombre qui suit 10). Et donc le sixième nombre triangulaire, c'est 6 x 7 divisé par deux (7, c'est le nombre qui suit 6). Etcaetera. Pour arrêter de vous fouler, voici les dix premiers nombres triangulaires (pour continuer la série et trouver la route, soulevez toute la pile de bûches et remettez-en une couche par dessous):

1, 3, 6, 10, 15, 21, 28, 36, 45, 55.

Toujours utile dans la vie: si vous n'avez plus que 36 briques Lego, vous saurez conseiller le gamin pour construire joli, en base huit. Utile aussi pour reconstruire lorsque les cons servent au tir.


Les deux font la paire dit-on. Additionnons deux nombres triangulaires consécutifs de la série, par exemple 10 et 15. Et hop, 25, un carré parfait (5 x 5). Ca ne rate jamais, prenez en deux autres au hasard, juste pour voir. Sinon, voyez le petit schéma, une preuve sans mots (c'est comme ça qu'on dit) que deux triangulaires consécutifs se complètent en carré (en brun ce sont les bûches du début, et en vert ce sont d'autres bûches pas mûres).

Un triangulaire est parfois carré (36 par exemple). Zut, voilà que votre serviteur se prend à parler comme Pythagore et son triangle rectangle. Trop carré sans doute, nul n'est parfait.  Sauf certains triangulaires, qui sont absolument parfaits sans être carrés pour autant. 28  est dit 'nombre parfait' parce que les diviseurs de 28 sont 1, 2, 4, 7, 14 et que leur somme vaut précisément 28. Un chouette truc inutile qui intéressait déjà Euclide, un autre antique grec. Depuis, on a trouvé quelques parfaits, mais nul ne sait ('on conjoncture que non') s'il existe des nombres parfaits impairs.

Un, deux, trois, ça marche pour 6 aussi, premier nombre parfait. Mais être parfait doit rester rare: malgré la puissance de calcul informatique mondiale, on n'a découvert qu'une cinquantaine de nombres parfaits à ce jour! Ces perles rares se découvrent grâce à Léonhard Euler, mathématicien du 18ème (de Suisse, pas de Montmartre) et spécialiste du triangle lui-aussi, qui a démontré comment trouver les nombres parfaits à partir des nombres premiers (encore faut-il trouver ceux-ci).


Euler, c'est repetita du prophète et de son pays. Admis à l'université à 13 ans, diplômé de philosphie à 16, de mathématiques à 19, on ne lui trouve pas même un poste d'assistant universtaire. A vingt ans, à la suite de Bernouilli (authentique, mais spécialisé comme jeu de mots), il s'exile dans la toute jeune St Petersbourg.  Sa carrière est lancée, qu'il marquera de son identité, réunissant en harmonie les constantes remarquables des mathématiques: e, i, et pi.

Suffit pour Euler aujourd'hui, on ne vas vous en faire un dessin: Léonhard est un génie.

Wednesday, 31 January 2018

Clair de lunes

A qui la paternité de l'optique?  Pour y voir clair, focalisons sur la quaternité de la nature: la Terre, l'Eau, l'Air, le Feu. En cultures pré-atomiques, quatre éléments créateurs de toute substance. Pour achever de vous étourdir, injectons l'éther, le cinquième élément, équivalent-matière du zéro. Le vide. Alors n'hésite pas, Attaque si Louise te rappelle que l'amour est éthernelle! Ou emmène là au vent.

Quatre ou cinq éléments, le choix reste limité. Bricoler des lunettes avec un peu de Terre cuite au Feu, passe encore, mais quid de la lumière, de la vision? Quitte à se jeter à l'eau sans en avoir l'air, je répondrais terre-à-terre et les yeux dans les cieux: "la lumière est liée au Feu". Autant antiquement correct: selon Platon, le feu 'interne' de l'oeil jaillissait en flux vers son semblable, le feu du jour, la belle lumière, pour ne plus faire qu'un seul corps avec la belle, engendrant ainsi la vision. Quelle fusion de corps cette vision! Chaud devant (oui, c'est con, mais con chaud mal écrit, c'est presque porc non graphique).  Obnubilé par ce flux jaillissant, impuissant la nuit, Platon conclut que le feu intérieur s'éteignait en l'absence de la belle. D'où peut-être l'adjectif  'platonique'.

La vision platonique fut reprise par Euclide, le mathématicien à la géométrie invariable. Remarquant avec justesse que les étoiles étaient un peu loin de l'oeil rayonnant, Euclide en conclut que la vitesse de la lumière était infinie. Une phos-croyance scientifique qui dura jusqu'au siècle des.... Lumières.

C'est le siècle où une nouvelle vague émerge, avec notamment Romer qui compte les quatre saisons de Io, la belle qui tourne autour de Jupiter (non, pas le jeune loup apprivoisé par sa prof, juste la grosse boule avec sa lune). Romer mesure que la belle tourne moins vite quand, tel un chef d'Etat, Jupiter prend de la hauteur et s'éloigne des préoccupations de la Terre. Et que c'ést même pas vrai qu'Io circonvole moins vite autour de sa planète: juste que l'information, la lumière, nous parvient plus tard, car de plus loin. Vitesse finie de la lumière donc. Romer calcule 220 000 Km/sec - pas trop mal, quand on vient de l'infini. Romer frappe les esprits en prédisant exactement le retard de sa belle (une performance d'actualité éternelle): Io s'éclipse avec 10 minutes de retard (Journal des sçavans, 7 décembre 1676).

Vers 1960, son homophone Eric, cinéaste d'autr'heures, émerge aussi à la Nouvelle Vague, contant  aussi les quatre saisons, la nuit platonique chez Maud, le genou de Claire. Eric raconte même les nuits de la pleine lune (ce qui laisse penser qu'Io va perdre son statut de génisse, un sacré coup de taureau). Sa caméra ne fait qu'exploiter le principe de la chambre noire, cette sorcellerie qui capture le monde avec un petit trou. Platonique, sans Courbette pour être l'origine du monde, ce trou-là de chambre est à l'origine du cinéma.

Maîtres de la lumière comme Romer et Rohmer, Lumière et Lumière  s'étaient depuis des lustres affranchis du platonique "feu interne des yeux", grâce au véritable 'père de l'optique', Ibn-al-Haytham (Bassora, Bagdad, Le Caire). Vers l'an mille, Alhazen (nom européanisé) expliqua que la lumière ne sortait pas mais, au contraire, entrait dans l'oeil, ayant été émise ou réfléchie ailleurs: il fut le premier à expliquer le clair de lune (et le sombre de l'autre). Premier aussi à soutenir que l'image se forme dans le cerveau et non pas dans l'oeil. Chapeau bas saura reconnaitre le lecteur.

Alhazen évoque déjà une vitesse finie de la lumière!  Après Romer, c'est-le-trop magnétique Maxwell qui établit le 300 000 Km/sec, conjecturant l'existence d'un milieu intergalactique pas-tout-à-fait vide: l'Ether. Nous y revoilà! Maître es simplification (E=mc2, simple), Einstein videra l'Ether de sa théorie, insistant plutôt sur la vitesse absolue de la lumière: vue de la Terre ou du Soleil, c'est 'pareil'-'pareil' ('kif' à Bassora). Et si le futur repostule un jour que c'est même pas vrai, alors il faudra relativiser sa théorie.

P.S. Fini l'Ether.  Le vide est désormais qualifié de quantique, rempli d'énergie du vide. Aïe, Ouïlle.  

Sources: accromath.uqam.ca, Louise Attaque, wikipedia

Sunday, 7 January 2018

Camaïeu

Des personnages avec du relief, sans être haut en couleurs: le grand Camée de France! Qu'est-ce? A une voyelle près, le quizz devenait people (avec choix multiple ajouteront les mauvaises langues). Qui se pique de connaître le camée n'a nul besoin d'être aiguillé par une dose d'indices. Pour les moins piqués à l'art antique, pensez à graver sur pierre un tissu camaïeu, tissu piqué pour mettre en valeur les nuances d'une même couleur [publicité fortuite pour la FFF éponyme, Fast Fashion Française, une hallucination plus à la mode que le camée]. Alors, telle un bas-relief de la pierre, la réponse jaillit-elle?

http://fracademic.com/pictures/frwiki/50/220px-Great_Cameo_of_France_CdM_Paris_Bab264_n1.jpg
Le camée est une gravure en couches, d'une pierre fine, qui fait apparaître les variations de couleur de cette seule pierre. Plus éternelle qu'un jeu de mots pourri, la pierre fine est plutôt grosse (31 x 26 cm tout de même pour le plus grand Camée), mais de fine beauté: une agate, pierre formée par dépôts successifs de couleurs différentes. Le sardonyx, la pierre du Grand Camée, est une variété d'agate aux nuances brun-rouille, dans laquelle son joailler a brillamment taillé cinq couches. Un joyau.

Par ironie phonétique, Sainte Agathe est devenue patronne des joaillers. Depuis la nuit des temps, les femmes jouissent de ce qui jaillit de leurs doigts habiles. Et dire que... ironie..., célébrée comme telle en Bresse notamment, Sainte Agathe symbolise l'oppression des femmes par la gent masculine! Au vu des affaires engendrées par les bijoux de famille de Weinstein, les joaillers feraient bien de changer de patronne pour leurs petites affaires.

C'est non sans raison que Sainte-Agathe symbolise l'oppression de la femme par le mâle (censure sur son histoire sordide, à en faire baver l'Etna).

Serait-ce donc par déférence envers sa patronne que Berchem-Sainte-Agathe a statufié en dehors de sa commune(!) son seul mâle célèbre, Jean-Claude Van Damme? Plus au sud en Bresse, à la Sainte-Agathe le 5 février, des tables se dressent sans mâle aucun, traditionnelles dans la rue du village, plus commercialement au resto affamé d'idées. Historiquement, le mâle qui osait poindre le bout (du nez) se retrouvait en caleçon en rue. A demi-nu, un peu comme Tibère, gravé au centre du Grand Camée, sceptre impérial en main.

Au centre sur la photo avec l'empereur Tibère, les vifs, la famille impériale du général Germanicus, celui qui monte Pégase, aux ailes rouille, en haut de l'oeuvre, avec les morts. Un cheval avec des ailes! Si l'agate avait été rose, le Camée aurait-il figuré un éléphant?

En bas du Camée, sous la ceinture de l'empire, on y compte les vaincus. Arrêtons le décompte de la revue mondaine et notons l'absence d'une maîtresse impériale: Aggripine la Jeune, fille de Germanicus. Née en Germanie pour diriger, cet ange-là défit et fit trois mandats successifs, excusez du peu. Un succès germain à faire pâlir Macron, l'authentique assassin du seul Tibère (selon la rumeur Tacite). Si cet Ange-là et Macron s'unissaient, l'Europe tremblerait.

Prostituée et incestuée par son frère, l'empereur Caligula (l'enfant candide à l'extrême gauche du Camée), Aggripine complota sa chute. Si elle était restée martyre sympa, on parlerait aujourd'hui de Berchem-Sainte-Aggripine, au soulagement des joaillers. Mais non, Aggripine recomplota pour se marier à son vieux tonton, l'empereur Claude, successeur de Caligula, qu'elle empoisonna. Entre-temps, elle sut épouser un immensément riche, qu'elle empoisonna aussi, et eut un fils de père incertain, peut-être le philosophe Sénèque, l'auteur de "De Vita Beata", la vie heureuse. Elle complota finalement pour imposer son fils comme empereur: Néron. Qui empoisonna sa mère.

La vita è beata? Si, la vita è bella.

Sources: fracademic.com, caladinfo.com, wikipedia.org
Le Grand Camée @ Bibliothèque nationale de France.

Friday, 29 December 2017

Taille 118

Aujourd'hui, la sculpturale Kim, fille du tailleur de pierre ('Kardashian', en arménien), statufie la diaspora arménienne. Stylée, taillée en cape, sa bohème marquera-t-elle durablement nos pensées, telle la bohème sans rhapsodie de Charles, son co-statufié de la diaspora de France? Ou [la suite à voix haute], sera-ce l'ace du sagace Agassi(an) qui agacera nos pensées? Pas durable pour que la diaspora le statufie. Scientifiquement, elle statufiera à bon escient Oganessian, de la diaspora en Russie, véritable élément lourd de la chimie moderne, dont le nom ne devrait en principe jamais s'effacer du tableau marquoir.

C'est en son honneur, en 2016, que les milieux autorisés ont nommé 'Oganesson' (symbole 'Og'), le dernier élément chimique connu, le plus lourd (118 protons), tout en bas à droite sur la table périodique d'un autre russe, Mendeleïev. Oui, oui, le fameux tableau en carton glacé, le graal du prof de chimie élémentaire, avec 1 'H' en haut à gauche, en tout 7 lignes (pour faire chimiste à la mode, on dit 'périodes') et 18 colonnes. Officiellement ces belles colonnes se nomment 'groupes': c'est moins construit, le fade fruit typique d'un compromis étroit qui a perdu du goût. Depuis, on a élargi la pensée, retrouvé de la voie, avec nombres quantiques qui résonnent en choeur dans le temple reconstruit de la chimie: les blocs se superposent aux colonnes. Temple au style épuré: 4 blocs seulement (en couleur sur la photo).

Le mien, mon prof élémentaire, circulait en courant de manière continue, un électron libre parmi ses pairs, attiré par l'école cathodique. Le tableau de Mendeleïev en carton glacé qu'il agitait affichait alors des cases à remplir, en bas à droite, le paradoxe étant qu'on connaissait les éléments de réponse, mais qu'on ne les trouvait pas. Les crucichimistes, souvent radioactivistes du bombardement atomique, les ont découverts depuis. Og remplit la dernière case, une place noble disent-ils. Noble mais rare, on n'aurait détecté à ce jour que 5 ou 6 atomes Og (vous avez-bien lu, pas cinq kilos, cinq atomes), une existence légère pour du lourd.

C'est par leur masse que de grands chimistes séquencent les atomes de l'époque (64 éléments connus en 1869, publication de Mendeleïev), avec l'uranium massif en fin de série (non-radioactif par inCurie temporelle). Observant des plagiats périodiques par certains éléments, on se presse de tabloïder cette information de masse, en regroupant les plagiaires en colonnes: fluor et chlore (colonne de distribution d'eau), calcium et magnesium (colonne d'alimentation complélémentaire), or et argent (colonne à Olympe), néon et argon (colonne de lampadaire), et la Une qui ne manque pas de sel, tout en colorure. Na!

Le génie de Mendeleïev  en 1869 est  d'avoir laissé des cases vides dans son tableau, en prédisant les caractérisques d'éléments 'à découvrir' pour boucher les trous.  Ha! Ha! Un génie? C'est pas sorcier de meubler en prédisant l'existence d'un élément 21 entre le calcium (20) et le titane (22)! Sauf que cette numérotation continue (égale au nombre de protons, de 1 à 118 dans la version actuelle) lui était inconnue: Mendeleïev n'était pas au courant de l'existence du proton, ni celle du noyau d'ailleurs (Rutherford a branché tout le monde en 1911).

Scandons l'hommage au visionnaire: Scandium (21), découverte Scandinave en 1879, atome avec une masse prédite par Mendeleïev, qui avait aussi prédit une proximité avec l'Aluminium. On retrouve l'alliage Scandium-Aluminium dans les avions militaires russes, les fameux MiG, avec un M qui rappelle leurs papa, un certain ..Mikoyan: la diaspora arménienne, c'est élémentaire mon cher Einstein(99).

Sources: wikipedia.org armeniapedia.org

Saturday, 16 December 2017

L’été de la Noël

J'ai dans la tête comme un transistor qui fredonne (c'est l'air de William). Mais pas comme dans un vieux rock'n roll, plutôt plage avec chanteur de charmes pour femmes finissantes (c'est le Brol de Jacky), l'image vague d'un gendre en vogue, permanenté en costume blanc:  "On ira, où tu voudras, quand tu voudras", sur fond de palmiers psalmaudiant "Bââ ba ba", "Ba ba ba ba - Ba", "Bââ ba ba". Aux bas mots, c'est le juste ton. Pour la mélodie, à vous de le pêcher. Ca y est, vous l'avez en boîte? Conservez-le.

L'été indien, tube international francophone. Franco? 'Joe', un prénom de Dalton, ça ne s'accorde pas avec 'Chanceux Luc', n'est-il pas? Fausse note? Changeons de gamme: "Dassin" avec sa nasale bien francophone? Eh, non, juste la sonorité de "Odessa",  approximée par l'administration ...anglophone accueillant le grand-père de Joe, émigré ... russophone. D'Odessa à New York, quel Joli Jump (une référence à Morris de rire).

En outre, même le titre, été indien, nous vient d'outre-mer. Faut-il que la mélodie soit dirigée à la fine baguette pour symboliser la francité du tube? Non, "Bââ ba ba" nous vient de Salvatore Cutugno (Salvatore, c'est l'Italiano complet de Toto) . Rien qu'à l'ouïe, on reconnait plus facilement son coup de pâtes que la fine baguette. Toto, vendeur d'occasion, ne put véhiculer la mélodie à Cloclo, à cause d'un manque de réaction au démarrage matinal de ce dernier - et dire que Cloclo était connu pour sa reprise. Plus réactif, en taxi peut-être, c'est donc Joe (le taxi, c'est la rumba de Vanessa) qui gagna la course à Toto.

Vas-y Joe! Pour t'assurer un tube Paradis, aide-toi et le ciel t'aidera: c'est littéralement le père de la Noël qui livre à Joe les paroles - pérennes, forcément, il ne livre pas en taxi. Parole de Pierre, le tube est donc bien franco-phone!

Et le chanteur de charmes, francophone? Certes, aussi. Mais Joe Dassin dépasse la pantalonnade permanentée du "Bââ ba ba".  Sa biographie est mieux remplie que le vide au mielleux du tube, avec d'autres cordes que vocales à son arc. Quand Los Angeles, en plein repli identitaire voire etymologique, lance la chasse aux sorcières (les démons du maccarthysme), son cinéaste de père doit quitter le bois sacré de Californie pour en conserver le feu. Avec succès. Du rififi chez les hommes, prix Méliès 1955, Jules Dassin meilleur réalisateur à Cannes.

Exil dès 1950 pour la famille de Jules, onze écoles pour Joe le fils, Europe-trotter d'adoption, puis le bac en France. Revanchard envers les maccarthystes, Joe retraverse bravement l'Atlantique avec son bac. Il ne chavire pas, monnaie sa voix de miel aux mariages et plonge dans des bacs plus profonds pour se financer une maîtrise en anthropologie, l'étude de l'être humain - rien que ça, une corde inattendue à son arc.

Chanteur de charme trop timide pour la mise en scène, il approfondit sa science pourtant déjà maîtrisée au charme des femmes pas finissantes. Joe Dassin écrit pour Play-Boy. Ce qui l'aide peut-être à vaincre sa timidité. Européen par maccarthysme, c'est au coeur de l'Europe, à l'Ancienne Belgique à Bruxelles qu'il se mettra enfin en scène, le chanteur de charmes est né. Il peut désormais siffler sur la colline. Zaî zaî zaî zaî!  Zaî zaî zaî zaî!  Zaî zaî zaî!  Zaî zaî zaî zaî!


Source: William Sheller (rock'n roll),  Jacques Brel (Jacky), Toto Cutugno (Italiano), Vanessa Paradis (le taxi), wikipedia.org. Sans oublier Joe Dassin et Pierre Delanoël.

Monday, 11 December 2017

Domophores

Escargots d'eau douce et petits-gris des jardins ne lambinent pas dans la même classe. Echaudés à mort, il y a comme une espèce de une ségrégation culturelle, puisque le goût épicé des planteurs de riz en Indochine n'est pas au goût raffiné des palais de Bourgogne. De leur froid vivant, leur différence de classe n'est qu'une question de point de vue: les escargots aquatiques sont basommatophores alors que les escargots terrestres sont stylommatophores, scientifiquement parlant. Certes.

Pour savourer ces fins mots, il faut les décortiquer, les sortir de leur coquille scientifique. Et l'étymologie est telle un coup de fourchette. Plantée au milieu, on pique magistralement un 'ommato', celui de l'ommatophobie, la peur d'être regardé, à l'opposé de ce qui se pintéreste à coup de selfies. Du grec ancien, 'ommato' c'est donc l'oeil, le regard. Après coup, on se dit que l'étymologie est un coup de fourchette magistral pour manger à l'oeil. Poursuivons la décortication des mots en portant le regard sur l'amphore qui accompagne ces fins mets. L'amphore se porte avec aisance avec ses anses (une de chaque côté, 'amphi'). 'ommatophore', c'est donc 'qui porte l'oeil'.

Nous y voilà. Avec une prominence illustrée en trompe-l'oeil dans les livres pour petits blonds, le petit-gris porte ses yeux au bout des tentacules (au bout des 'antennes'). Ces antennes ont forme de stylets, l'escargot terrestre est donc stylommatophore. Pas du tout comme l'escargot aquatique des rizières d'Indochine: celui-là porte ses yeux à la base des tentacules: il est basommatophore. Ca se voit bien sur la photo (pff, encore du grec, 'phos', la lumière), avec les antennes effectivement entre les yeux. Peut-être voit-il moins haut, mais bon, dans l'eau...on soupçonne encore un truc à la Darwin.

Et les caricoles de Bruxelles (escargots de mer)?  Stylommatophores ou basommatophores? Faut avoir l'oeil: que du tout cuit sur Google images, pas du tout cuit pour repérer l'oeil. En rhétorique, cette répétition de l'oeil et du 'tout cuit' s'appelle une diaphore, car la répétition porte ('phore') un sens différent ('dia'). Synonyme rhétorique: une antanaclase. Euh...pauvre nous qui n'y avions vu que jeu de mots! Mais répondons quant au point de vue de l'escargot: le caricole de Bruxelles (le bulot, en Normandie) est évidemment basommatophore, pas besoin de voir haut en mer non plus.

La liste des mots en 'phore' vous téléporte dans une féérie surréaliste de vocabulaire (ceci n'est pas une métaphore). Plus de 150 mots en phore sur wiktionnaire - a-t-il fallu deux ans pour les rapporter avec aisance? Pourriez-vous en citer cinq, autres que ceux déjà mentionnés? Y avait un indice ci-dessus, le phosphore: qui 'porte la lumière'. Ou qui porte le feu, lorsque le phosphore sert de pyrophore militaire, arme déconventionnée mais utilisée cette année à Raqqa contre les pogonophores islamiques ('pogon': la barbe), les raseurs de Palmyre.

Porter est un métier incongru: dendrophore (porteur d'arbres), criophore (porteur de bélier) - en les combinant, de quoi enfoncer des portes closes au moyen-âge. Quant à enfoncer des portes ouvertes, un porte-plume suffit. Comme pour conclure du titre de cet article, qu'un petit-gris n'est jamais déporté car toujours réfugié chez lui. Doigt dans l'oeil en titre: le mot 'domophore' est inexistant. Ouf, l'escargot en latin pour sécher nos larmes: 'domiporta'.

Sources: bacdefrançais.net, wikipedia.org, wiktionnnary.org

Trois c'est trop

Si Ricard est la crème de la pastisserie amère, ce n'est pas grâce à feu Charles Pasqua, la "Mère Teresa du RPR" (dixit de son...