King Peter pour les Américains, Zolu Duma pour les siens, régnait sur la côte des grains en Afrique de l'Ouest, du nom de son poivre raffiné (la graine de paradis). Cette côte côtoyait d'autres côtes aux ressources plus ou moins bien cotées aujourd'hui: celle d'ivoire (excellente cote, preuve le nom du pays), la côte-de-l'or (où le cacao est bien coté aussi, preuve l'éléphant doré ghanéen-belgo-suisse-américain), et la côte des esclaves (la ressource humaine a mauvaise cote de nos jours, Bénine soit elle).
C'est par un commerce habile en ivoire et en esclaves (émigration bien cotée de son jour) que Zolu Duma atteint le haut de l'échelle au paradis local, territoire dont le nom actuel est libéré du poivre mais pimenté d'un colonialisme libérateur. Habile aussi, un Américain de 1821 pose un canon sur la tempe de Zolu pour qu'il optempère et vende de bons lopins, afin d'y recaser des esclaves libres; l'Histoire ne parle pas de recaser l'ivoire. En 1825, Zolu Duma optempére encore et lâche des terres contre 3 barrils de rhum, 5 tonneaux de poudre, 5 parapluies et autres babioles - puisque ce troc avait fonctionné avec les Amérindiens, autant répéter le truc avec les Afroafricains.
Ainsi naquit le Libéria, de colonies fondées au paradis d'Afrique, par l'American Colonization Society, dont la raison sociale etait de re-localiser 'chez eux' les (quelques) esclaves libres d'Amérique (encore 40 ans à se cotonner pour les autres). Aux raisons louables, s'ajoutait une rengaine économique, plus socialement orientée: tous ces allochtones libres, fils et petit-fils de migrants involontaires, n'allaient-ils pas bouffer l'emploi des 'autochtones' d'Amérique, ces fils et petit-fils de migrants volontaires?
Treize mille Afroaméricains libres traversèrent d'Est-Amérique en Ouest-Afrique pour s'établir au Libéria, passant d'une minorité à une autre (disons Amérafricains?). Imposant leur culture occidentalisée amérafricaine, supérieure dans leur libre-arbitre à l'afroafricaine indigène, ces Treize et leurs petit-fils ne mélangeront pas leur sang, ou si peu, avec les 95% d'autochones. Craintes d'aujourd'hui, fait de l'Histoire d'alors: prise du pouvoir par les migrants minoritaires, soutenus par une puissance étrangère. Les 5% d'Amérafricains ne libèreront pas ce pouvoir, conservé plus de cent ans, jusqu'au coup militaire d’un sergent-chef Afroafricain - formé bien entendu par les bérets verts américains, l'Histoire a de ces boucles..
Le sergent-chef-président Libérien tiendra jusqu'à la guerre civile du tristement célèbre Charles Taylor. En double négation positive, Taylor est pourtant un contre-exemple de la non-intégration entre hommes libres: Charles naît de mère Gola, l'ethnie afroafricaine de Zolu Duma, et de père Amérafricain - pas de père Gola chez lui, il a un goût pour la lumière.
Doublement libre de naissance, diplomé d'université américaine (tiens, encore), maître-achats du sergent-chef, cet intégré par le sang détourne 1M$, puis la case prison (à Boston), une évasion aux draps noués (Crédibilité Impossible Absolument), un stage chez Khadafi pour compléter sa formation, une poussette militaire qui fait tomber le sergent-chef, élection reconnue (ONU et tout le bataclan), une guerre bien dégueulasse chez le voisin, l'Oncle Sam (tiens, encore) qui le pousse hors Libéria, il cesse d'être un homme libre.
Malgré son patronyme de manuel scolaire, Taylor compte aujourd'hui ses sous de riche en prison, pénurie de draps noués. Les juges de La Haye lui ont taillé un costume: onze crimes reconnus. Dont l'esclavage, l'Histoire boucle et reboucle.
Références: Historical dictionnary of Liberia edition 2001, wikipedia.org
Wednesday, 18 October 2017
Sunday, 8 October 2017
Valeria
Comment désorbaniser Buda-Pest pour remonter à son origine fondatrice, le 'chez nous' local tant vanté du nationaliste? Pas besoin de populisme pour cela, un petit-grand voyage espace-temps suffit. Le petit espace d'abord, avec le Danube pour trait d'union: on se débarrasse du fléau tout plat à droite, pour ne garder que la divinité en relief à gauche. Le contraste relief-plat est très visible depuis le pont sur le grand fleuve, avec le centre historique sur la colline Buda à gauche, et les platitudes plus populistes de droite. Puis, Pest éradiqué, et comme il en faut pour tous les goûts, on dédaigne ce Buda encore trop jeune, pour se tartiner du Buda vieux par le HEV ligne 5, destination Obuda (Old Buda); le HEV est l'équivalent magyar du RER.
Grand temps de quitter ce petit voyage dans l'espace pour un grand dans le temps, une remontée jusqu'à la fin de l'Anquité (la chute de l'empire Romain, sous les coups de boutoir des Huns et des autres). Et hop, cette remontée fulgurante dans le temps nous transforme Obuda en son original antique: Aquincum, capitale de la Valeria. La Valeria était une province romaine de Pannonie, une région qui s'étendait gross-modo entre le Budapest et le Zagreb d'aujourd'hui. Même pas besoin d'antique machine à remonter le temps, Aquincum est accessible en RER ligne 5, transport moderne de l'espace-temps; en ruines certes (Aquincum, pas le métro), mais tout est relatif dans l'espace-temps.
Géologiquement issue de la mer de Pannonie, disparue il y a quelques millions d'années (piconnaissance utile pour discuter avec les Huns à Buda, moins avec les autres à Bruxelles), très peu est connu sur la Pannonie, jusqu'à sa conquête par Octave, futur empereur. Oui, Octave, le petit fils de Jules, l'auguste restaurateur (romain, pas encore bruxellois) de la monarchie (romaine aussi), celui qui pour devenir Auguste élimina ses compagnons du second triumvirat (un régime triarchique) - un deuxième "Tu quoque fili mi" posthume pour César, vainqueur lui du premier triumvirat. Mais je ne vais pas vous Pomper sur César.
Trois siècles passent jusqu'à ce que Dioclétien, un lointain successeur monarchique du petit fils de Jules, passe d'un régime amincissant à un régime grossissant, en nommant d'abord un co-empereur, et puis deux Césars dans la foulée, pour former la tétrarchie romaine. Régimes mono, trio, et tetra - manque le duo de têtes: la diarchie, patience. Pour les impatients, c'est comme Macron à Andorre.
Dioclétien, un Dalmatien de famille modeste, abdiqua volontairement (le premier à Rome, avant Benoît XVI). Avant de prendre pension complète dans son palais (devenu depuis la ville de Split, toujours une villégiature de nos jours), ce Dalmatien - qui, si on compte bien, était sans Huns - divisa la Pannonie en quatre provinces. Parmi elles, la Valeria, qui englobe Aquincum/Obuda, province nommée (et non point baptisée) en l'honneur de la fille de Dioclétien: Galeria Valeria.
Mariée de raison avec son Jules, le César Galère de la tétrarchie paternelle, Galeria Valeria n'eut pas une vie artistique, trop mal encadrée peut-être. Valeureuse de naissance mais condamnée par l'inévitable guerre civile entre quatre têtes, elle rama beaucoup et finit corps sans bien en mer (allusion anachronique de mille ans aux condamnations à 20 ans de rythmes enchaînés rames-tambour). Mais pas d'anxiété etymologique pour toutes les valeureuses Valérie du monde: la province de Valeria a donné son nom à la valériane, alternative naturelle aux somnifières et autres anxiolyques chimiques. Une belle fleur.
Peu enclins aux somnifères (ils conduisaient avec beaucoup de chevaux, souvent et loin), les Huns finirent par prendre la place des autres en Valeria, avec leurs flèches et un régime politique original: une diarchie récurrente. Attila co-roi des Huns soignera cette diarchie récurrente qui l'accable en trucidant son collègue pour une plus auguste monarchie. Et c'est à Aquincum en province de Valeria, au vieux Buda, qu'Attila, ce migrant combatif infatigable, installa son quartier général. Budapest, comme aujourd'hui, pays des uns et des autres.
Grand temps de quitter ce petit voyage dans l'espace pour un grand dans le temps, une remontée jusqu'à la fin de l'Anquité (la chute de l'empire Romain, sous les coups de boutoir des Huns et des autres). Et hop, cette remontée fulgurante dans le temps nous transforme Obuda en son original antique: Aquincum, capitale de la Valeria. La Valeria était une province romaine de Pannonie, une région qui s'étendait gross-modo entre le Budapest et le Zagreb d'aujourd'hui. Même pas besoin d'antique machine à remonter le temps, Aquincum est accessible en RER ligne 5, transport moderne de l'espace-temps; en ruines certes (Aquincum, pas le métro), mais tout est relatif dans l'espace-temps.
Géologiquement issue de la mer de Pannonie, disparue il y a quelques millions d'années (piconnaissance utile pour discuter avec les Huns à Buda, moins avec les autres à Bruxelles), très peu est connu sur la Pannonie, jusqu'à sa conquête par Octave, futur empereur. Oui, Octave, le petit fils de Jules, l'auguste restaurateur (romain, pas encore bruxellois) de la monarchie (romaine aussi), celui qui pour devenir Auguste élimina ses compagnons du second triumvirat (un régime triarchique) - un deuxième "Tu quoque fili mi" posthume pour César, vainqueur lui du premier triumvirat. Mais je ne vais pas vous Pomper sur César.
Trois siècles passent jusqu'à ce que Dioclétien, un lointain successeur monarchique du petit fils de Jules, passe d'un régime amincissant à un régime grossissant, en nommant d'abord un co-empereur, et puis deux Césars dans la foulée, pour former la tétrarchie romaine. Régimes mono, trio, et tetra - manque le duo de têtes: la diarchie, patience. Pour les impatients, c'est comme Macron à Andorre.
Dioclétien, un Dalmatien de famille modeste, abdiqua volontairement (le premier à Rome, avant Benoît XVI). Avant de prendre pension complète dans son palais (devenu depuis la ville de Split, toujours une villégiature de nos jours), ce Dalmatien - qui, si on compte bien, était sans Huns - divisa la Pannonie en quatre provinces. Parmi elles, la Valeria, qui englobe Aquincum/Obuda, province nommée (et non point baptisée) en l'honneur de la fille de Dioclétien: Galeria Valeria.
Mariée de raison avec son Jules, le César Galère de la tétrarchie paternelle, Galeria Valeria n'eut pas une vie artistique, trop mal encadrée peut-être. Valeureuse de naissance mais condamnée par l'inévitable guerre civile entre quatre têtes, elle rama beaucoup et finit corps sans bien en mer (allusion anachronique de mille ans aux condamnations à 20 ans de rythmes enchaînés rames-tambour). Mais pas d'anxiété etymologique pour toutes les valeureuses Valérie du monde: la province de Valeria a donné son nom à la valériane, alternative naturelle aux somnifières et autres anxiolyques chimiques. Une belle fleur.
Peu enclins aux somnifères (ils conduisaient avec beaucoup de chevaux, souvent et loin), les Huns finirent par prendre la place des autres en Valeria, avec leurs flèches et un régime politique original: une diarchie récurrente. Attila co-roi des Huns soignera cette diarchie récurrente qui l'accable en trucidant son collègue pour une plus auguste monarchie. Et c'est à Aquincum en province de Valeria, au vieux Buda, qu'Attila, ce migrant combatif infatigable, installa son quartier général. Budapest, comme aujourd'hui, pays des uns et des autres.
Tuesday, 3 October 2017
Peaux de chagrin
Bleues, blanches, rouges, fleurs domestiques par excellence, ces belles anémones enjolivent vos balcons de leurs masculins pétales. Fleurs du vent ('anemos' en grec), on en trouve des violettes, des blondes aussi, mais si vous préférez les brunes, nul besoin de grimper à la Roméo, plongez plutôt. Et attention à la pêche, car bien que féminines aussi, celles de mer ne sont décoratives que de loin, moins domestiques, aux tentacules tout aussi masculins, mais plutôt urticants si on y regarde de près.
Point besoin pourtant de se mouiller pour en trouver de brunes indomptables, il suffit de voyager très au sec dans le Gobi mongolien, y découvrir des cousins phonétiques, les ânes hémiones, aux femelles tout aussi brunes et indomptables que leur masculin. Ni pétale, ni tentacule, mais de grandes oreilles, l'hémione, aussi appelé onagre ou âne sauvage d'Asie, ne donne de l'urticaire qu'à ceux qui tentent de le dompter. Mi-âne (le préfixe hémi en grec, comme dans hémistiche), mi-cheval aussi, son nom mongol est explicite: 'kulan': vif, nerveux. Et ce n'est pas un hasard si le tambour du chamane s'appelle aussi 'kulan'.
Indomptables: ni le mâle ni la femelle ne se laissent chevaucher (comme ce ne sont pas forcément les mêmes cavaliers, il faut laisser laisser au pluriel). Indompté, sans cavalier, le kulan n'a pas attendu l'ère numérique pour le transport virtuel, la transe. En effet, c'est par son chant que le chamane iakoute transforme son tambour en cheval puissant, moyen de transport efficace pour parcourir les étendues qui séparent le chamane des esprits mauvais. Avec hémione comme totem scout, l'avenir paraît peu domestique, et en plus on ferait vite de mauvaises rencontres.
Brunes: quant à la couleur, c'est d'une imprécision peu digne de l'hippologie. Isabelle, telle est l'hémione, la couleur de sa robe, selon les annales du musée d'histoire naturelle (1835, Paris). Pour les hipponologues comme moi, une robe Isabelle est une robe baie, diluée par un unique gène crème; rien à faire, ce besoin de crème sur la peau est génétique. Mais ne réduisons pas le discours sur l'hémione à sa peau. Quoique.. cest bel et bien de l'onagre que Balzac tira sa célèbre peau de chagrin, pacte avec le Diable, conflit entre désir et longétivité, cette peau qui se rétrécit à chaque souhait exaucé. Cisélée au bistouri, cette oeuvre est régulièrement tirée, le classique ne prend pas une ride.
Extrait de l'oeuvre en l'honneur d'Honoré: "un onagre, monsieur, tuerait à la course les meilleurs chevaux arabes ou persans". Balzac, La peau de chagrin, 1831, p.232, citation piquée chez 'blogamots'. Tueur à la course (septante à l'heure), rapide comme une fleur à pétales (cf. anemos), le roi zoologique de l'Orient ne se laisse ni rattraper ni surprendre; sa société s'organise en sentinelles qui scrutent pendant que le roi brait et que son harem broute. Rapide, organisé, et dégourdi aussi: l'onagre fait son trou, pour accéder à l'eau souterraine du Gobi, trous réutilisés par le bonhomme assoiffé. Demi-chameau aussi, l'onagre se passe de boire pendant plusieurs jours - performance inatteignable par le mâle homme assoiffé. Morale: seul le bon homme sait tirer profit d'une ânerie.
Balzac page 232 suite: " Nos ânes dégénérés ne sauraient donner une idée de cet âne indépendant et fier. Il a le port leste, animé, l’air spirituel, fin, une physionomie gracieuse, des mouvements pleins de coquetterie! C’est le roi zoologique de l’Orient" (annoncé en exclusivité ci-dessus). Un roi, le port leste, grâce et coquetterie, ça ne vous fait pas penser au cri de la jarretière "Henni soit qui mal y pense"? Ânerie: l'hémione brait.
Références: blogamots.wordpress.com, wikipedia.org, totems-scouts.be, emscat.revues.org/1606
Point besoin pourtant de se mouiller pour en trouver de brunes indomptables, il suffit de voyager très au sec dans le Gobi mongolien, y découvrir des cousins phonétiques, les ânes hémiones, aux femelles tout aussi brunes et indomptables que leur masculin. Ni pétale, ni tentacule, mais de grandes oreilles, l'hémione, aussi appelé onagre ou âne sauvage d'Asie, ne donne de l'urticaire qu'à ceux qui tentent de le dompter. Mi-âne (le préfixe hémi en grec, comme dans hémistiche), mi-cheval aussi, son nom mongol est explicite: 'kulan': vif, nerveux. Et ce n'est pas un hasard si le tambour du chamane s'appelle aussi 'kulan'.
Indomptables: ni le mâle ni la femelle ne se laissent chevaucher (comme ce ne sont pas forcément les mêmes cavaliers, il faut laisser laisser au pluriel). Indompté, sans cavalier, le kulan n'a pas attendu l'ère numérique pour le transport virtuel, la transe. En effet, c'est par son chant que le chamane iakoute transforme son tambour en cheval puissant, moyen de transport efficace pour parcourir les étendues qui séparent le chamane des esprits mauvais. Avec hémione comme totem scout, l'avenir paraît peu domestique, et en plus on ferait vite de mauvaises rencontres.
Brunes: quant à la couleur, c'est d'une imprécision peu digne de l'hippologie. Isabelle, telle est l'hémione, la couleur de sa robe, selon les annales du musée d'histoire naturelle (1835, Paris). Pour les hipponologues comme moi, une robe Isabelle est une robe baie, diluée par un unique gène crème; rien à faire, ce besoin de crème sur la peau est génétique. Mais ne réduisons pas le discours sur l'hémione à sa peau. Quoique.. cest bel et bien de l'onagre que Balzac tira sa célèbre peau de chagrin, pacte avec le Diable, conflit entre désir et longétivité, cette peau qui se rétrécit à chaque souhait exaucé. Cisélée au bistouri, cette oeuvre est régulièrement tirée, le classique ne prend pas une ride.
Extrait de l'oeuvre en l'honneur d'Honoré: "un onagre, monsieur, tuerait à la course les meilleurs chevaux arabes ou persans". Balzac, La peau de chagrin, 1831, p.232, citation piquée chez 'blogamots'. Tueur à la course (septante à l'heure), rapide comme une fleur à pétales (cf. anemos), le roi zoologique de l'Orient ne se laisse ni rattraper ni surprendre; sa société s'organise en sentinelles qui scrutent pendant que le roi brait et que son harem broute. Rapide, organisé, et dégourdi aussi: l'onagre fait son trou, pour accéder à l'eau souterraine du Gobi, trous réutilisés par le bonhomme assoiffé. Demi-chameau aussi, l'onagre se passe de boire pendant plusieurs jours - performance inatteignable par le mâle homme assoiffé. Morale: seul le bon homme sait tirer profit d'une ânerie.
Balzac page 232 suite: " Nos ânes dégénérés ne sauraient donner une idée de cet âne indépendant et fier. Il a le port leste, animé, l’air spirituel, fin, une physionomie gracieuse, des mouvements pleins de coquetterie! C’est le roi zoologique de l’Orient" (annoncé en exclusivité ci-dessus). Un roi, le port leste, grâce et coquetterie, ça ne vous fait pas penser au cri de la jarretière "Henni soit qui mal y pense"? Ânerie: l'hémione brait.
Références: blogamots.wordpress.com, wikipedia.org, totems-scouts.be, emscat.revues.org/1606
Wednesday, 27 September 2017
Charcoteries
Trous noirs, une brève histoire du temps, la cosmologie pour tous: Stephen Hawking, un brillant esprit reconnu des uns, une chaise roulante reconnue des autres. Paralysé par la maladie de Charcot, celle qui vous défia, Marc Zuckerberg et vous, à se prendre un seau de glaçons sur la caboche.
La paralysie de Hawking est nommée en hommage à Jean-Martin Charcot, un des pères de la neurologie. Médecin du XIXème, vingt-trois ans à la troisième révolution française (qui créa la deuxième république, c'est assez logique), Charcot avait trois frères: Eugène Martin, Pierre Martin, et un premier militaire, Emile Martin. Pourquoi pas des frères Charcot? Puis on s'étonne sur l'origine du nom le plus répandu en France (eh non, ni Dupond, ni Dupont). Eugène Martin Charcot, de par son nom complet, est le Martin qui mourut en Marin Martin, militaire des "Troupes De Marine" qui, comme on le devine, contrairement aux "Marines" de la "Navy" américaine, sont incorporées à l'Armée de Terre. Logiquement, on caserne ces Troupes Outre-Mer (dans les DOM aussi).
Parmi les Martin, le père Charcot, carrossier-sellier sans rouler carrosse, désigna Jean comme unique élu aux études; logés/nourris à l'armée pour les deux autres, la boutique pour le quatrième. Bénéficiaire de la bourse de Daddy (sans sucre collant à l'actualité), Jean abandonna les selles et le cuir pour se livrer à d'autres pratiques. Il grimpa dans l'ascenseur social par sa science, connu de tout Paris, célébrité acclamée de Londres à Moscou, et même un mariage avec une jeune veuve, qui amènera l'hôtel particulier autour de l'ascenseur parisien. Madame y organisait les "jeudis soirs" littéraires, où s'exhibaient littéralement les plus belles plumes, Zola, Mautpassant, etc.. Même Freud y vint rencontrer Maître Charcot.
Malgré une légion d'honneur précoce pour son travail sur la goutte, ruban n'est pas diplôme, et c'est laborieusement, remis en selle par une sommité admiratrice, que Charcot devint praticien-enseignant, puis médecin-chef à l'hospice de la Vieillesse-Femmes (nom officiel de l'hôpital de la Salpêtrière vers 1860), dédié notamment aux aliénées. Eloginé de ses frères d'armes, c'est pourtant à l'ancienne fabrique de poudre à canon (75% de salpêtre) que Jean-Martin pratiquait avec l'autre sexe.
Voulu par Louis XIV, la Salpêtrière fut longtemps un centre de détention pour mendiants qu'on ne voulait plus voir - une hospitalité win-win. Avec la (première) révolution, la primauté des soins par les bonnes soeurs prit fin (rappelez-vous, l'Hôtel-Dieu et ses tentures rouges dans la "Grande Vadrouille"), et on se mit à y soigner aussi. Fini de faire semblant de travailler à la Salpêtrière comme Nikita (citée de mémoire, mais pas sans fondement puisque Luc Besson est membre fondateur de l'institut du cerveau et de la moëlle épinière à la Salpêtrière - bingo).
Autopsies de tranches de cerveaux et de moëlle, couplées à une observation clinique maniaque voire obsessionnelle, sans oublier la matière première abondante et le coup de crayon appris chez Papa, voilà les fondements de ses avancées décisives en neurologie. Charcot isola la sclérose en plaque, une autre sclérose (la maladie de Charcot), et entre autres choses encore, différencia l'épilepsie de l'hystérie de ses patientes. Parenthèse pédagogique: sclérose en plaques: les gaines d'isolation des cellules nerveuses (du cerveau et de la moëlle épinière) sont endommagées, ce qui perturbe les communications au sein du système nerveux, avec conséquences physiques et mentales. Le système nerveux est un peu notre circuit électrique, et donc ça se passe pas bien si les fils se dégainent.
Contributions majeures en neurologie, un peu ternies plus tard par les Charcoteries, terme utilisé par ses détracteurs, aussi nombreux en France que ces encenseurs à l'étranger. Obnubilé par l'hystérie de Viellesse-Femmes, Jean-Martin Charcot tricha même un peu en se mettant en scène, lui, ses aliénées et ses techniques expérimentales devant un public mondain éclectique. Mais voilà, l'hystérie n'est pas vraiment clinique - une voie royale s'ouvrait à Freud, un vendredi matin peut-être.
Trêve de Charcoteries, tout est bien qui finit bien, et ils eurent deux petits Charcot, Jeanne et Jean-Baptiste, une biographie exceptionnelle, médaillé Olympique, explorateur polaire, Croix de Guerre britannique, et mort en capitaine dernier sur son navire. Un Charcot.
Références: troupesdemarine.org, ncbi.nlm.nih.gov/pmc/, wikipedia.org
La paralysie de Hawking est nommée en hommage à Jean-Martin Charcot, un des pères de la neurologie. Médecin du XIXème, vingt-trois ans à la troisième révolution française (qui créa la deuxième république, c'est assez logique), Charcot avait trois frères: Eugène Martin, Pierre Martin, et un premier militaire, Emile Martin. Pourquoi pas des frères Charcot? Puis on s'étonne sur l'origine du nom le plus répandu en France (eh non, ni Dupond, ni Dupont). Eugène Martin Charcot, de par son nom complet, est le Martin qui mourut en Marin Martin, militaire des "Troupes De Marine" qui, comme on le devine, contrairement aux "Marines" de la "Navy" américaine, sont incorporées à l'Armée de Terre. Logiquement, on caserne ces Troupes Outre-Mer (dans les DOM aussi).
Parmi les Martin, le père Charcot, carrossier-sellier sans rouler carrosse, désigna Jean comme unique élu aux études; logés/nourris à l'armée pour les deux autres, la boutique pour le quatrième. Bénéficiaire de la bourse de Daddy (sans sucre collant à l'actualité), Jean abandonna les selles et le cuir pour se livrer à d'autres pratiques. Il grimpa dans l'ascenseur social par sa science, connu de tout Paris, célébrité acclamée de Londres à Moscou, et même un mariage avec une jeune veuve, qui amènera l'hôtel particulier autour de l'ascenseur parisien. Madame y organisait les "jeudis soirs" littéraires, où s'exhibaient littéralement les plus belles plumes, Zola, Mautpassant, etc.. Même Freud y vint rencontrer Maître Charcot.
Malgré une légion d'honneur précoce pour son travail sur la goutte, ruban n'est pas diplôme, et c'est laborieusement, remis en selle par une sommité admiratrice, que Charcot devint praticien-enseignant, puis médecin-chef à l'hospice de la Vieillesse-Femmes (nom officiel de l'hôpital de la Salpêtrière vers 1860), dédié notamment aux aliénées. Eloginé de ses frères d'armes, c'est pourtant à l'ancienne fabrique de poudre à canon (75% de salpêtre) que Jean-Martin pratiquait avec l'autre sexe.
Voulu par Louis XIV, la Salpêtrière fut longtemps un centre de détention pour mendiants qu'on ne voulait plus voir - une hospitalité win-win. Avec la (première) révolution, la primauté des soins par les bonnes soeurs prit fin (rappelez-vous, l'Hôtel-Dieu et ses tentures rouges dans la "Grande Vadrouille"), et on se mit à y soigner aussi. Fini de faire semblant de travailler à la Salpêtrière comme Nikita (citée de mémoire, mais pas sans fondement puisque Luc Besson est membre fondateur de l'institut du cerveau et de la moëlle épinière à la Salpêtrière - bingo).
Autopsies de tranches de cerveaux et de moëlle, couplées à une observation clinique maniaque voire obsessionnelle, sans oublier la matière première abondante et le coup de crayon appris chez Papa, voilà les fondements de ses avancées décisives en neurologie. Charcot isola la sclérose en plaque, une autre sclérose (la maladie de Charcot), et entre autres choses encore, différencia l'épilepsie de l'hystérie de ses patientes. Parenthèse pédagogique: sclérose en plaques: les gaines d'isolation des cellules nerveuses (du cerveau et de la moëlle épinière) sont endommagées, ce qui perturbe les communications au sein du système nerveux, avec conséquences physiques et mentales. Le système nerveux est un peu notre circuit électrique, et donc ça se passe pas bien si les fils se dégainent.
Contributions majeures en neurologie, un peu ternies plus tard par les Charcoteries, terme utilisé par ses détracteurs, aussi nombreux en France que ces encenseurs à l'étranger. Obnubilé par l'hystérie de Viellesse-Femmes, Jean-Martin Charcot tricha même un peu en se mettant en scène, lui, ses aliénées et ses techniques expérimentales devant un public mondain éclectique. Mais voilà, l'hystérie n'est pas vraiment clinique - une voie royale s'ouvrait à Freud, un vendredi matin peut-être.
Trêve de Charcoteries, tout est bien qui finit bien, et ils eurent deux petits Charcot, Jeanne et Jean-Baptiste, une biographie exceptionnelle, médaillé Olympique, explorateur polaire, Croix de Guerre britannique, et mort en capitaine dernier sur son navire. Un Charcot.
Références: troupesdemarine.org, ncbi.nlm.nih.gov/pmc/, wikipedia.org
Tuesday, 19 September 2017
Aristide
Plutarque était un philosophe moraliste Grec Romain. Point d'antique anachronisme, juste un Grec de la Rome antique, nostalgique de l'antique Grèce. Vous suivez? En bref, un antique hellénophile. Un mot élitiste plus haut antique que grécophile, qui rappelle l'amour de la Belle, poire de discorde au temps d'Ulysse: Hélène, la première à succomber au charme de Pâris. Raté pour l'étymologie, aucun lien avec le Paris sans circonflexe, mais, patience, on y reviendra (à Paris).
Son truc à lui, Plutarque, ce sont les 'vies parallèles', biographies d'hommes illustres organisées par paire: un illustre Romain et son antique avatar, un illustre Grec. Illustration pour s'échauffer: Plutarque raconte les vies de Jules César et d'Alexandre-le-Grand, puis compare ces illustres. Fastoche pour le point commun: conquistador, comme Napoléon (ou Ysabel - pub gratuite pour un piconnaître antérieur). Plus cultivé: trouvez le point commun entre une autre paire d'illustres: Démosthène et Cicéron (c'est pas carré, humour pas très éloquent du prof de latin). L'indice en style mots croisés: Démosthène pratiquait la sienne avec des cailloux dans la bouche. Réponse adjectivée en ligne précédente.
Fini l'échauffement: quel est le point commun entre Aristide-le-Juste et Caton l'Ancien? Ayant recours à la traduction (ben oui, en bon hellénophile, Plutarque écrivait en grec ancien, hors de portée de mon prof de latin), je vous le donne en mille: l'avancement dans la fonction publique de par leur vertu. Tadam! Va vous falloir être créatifs pour élire vos illustres contemporains isothématiques. Les ingrédients vertueux sont pourtant connus (par exemple, commencer par fonder un Samu social) mais il n' y a pas de Recep à suivre.
Juge et militaire, fonctions assurées par Recep aujourd'hui, Aristide-le-Juste devint la tête de turc des jaloux d'Athènes, lui qui tira trop de gloire de sa droiture et de sa sagesse. Ce qui mena finalement à son ostracisme - comme quoi un bien bien acquis ne profite jamais non plus. L'ostracisme de la Grèce antique était une peine somme toute mesurée puisque le banni retrouvait l'entièreté de ses biens à son retour. Bien plus tard, Napoléon, naïf, avait visiblement cru être simplement victime d'ostracisme en revenant de son île d'Elbe - il aura fallu le convertir à une sainte Hélènephilie pour qu'il comprenne.
Dans la Grèce antique d'Aristide, l'ostracisme se prononcait par un vote populaire où l'on écrivait le nom du banni sur un ostracon: un tesson de poterie ou, à l'origine, une coquille (huitre se dit ostreon en grec ancien). L'anedocte de Plutarque fait sourire: "un paysan illettré demanda à un homme distingué de l'aider à inscrire sur son ostracon le nom d'Aristide. L'homme lui demanda ce qu'il reprochait à Aristide. « Rien » répondit le paysan. « Je ne le connais même pas, mais j'en ai assez de l'entendre partout appeler « Le Juste » ». À la suite de cela, Aristide - car c'était lui l'homme distingué - écrivit honnêtement sur le tesson le nom qu'on lui demandait".
Aristide était tellement sage que, fait unique de l'histoire locale, il fit rejeter la réponse de l'oracle! Fallait oser être droit à ce point là. En clair, on imagine qu'il usa de grande diplomatie pour faire comprendre à son collègue stratège (et aussi son meilleur ennemi), que la Pythie de Delphes, aussi chaste soit-elle, racontait n'importe quoi. Il résolut la chose en provoquant une deuxième consultation de la Pythie, qui se montra mieux inspirée.
La Pythie tire son nom du dragon-serpent Python vaincu par Apollon, une victoire célébrée par les jeux Pythiques à Delphes, deuxièmes en importance après ceux d'Olympe. Des courses de chars y étaient organisées, comme l'atteste la belle et rare statue de l'Aurige (photo), un des seuls cinq grands bronzes d'époque, statue contemporaine (enfin, à trois ans près) d'Aristide-le-Juste. On m'a dit récemment qu'elle avait de beaux yeux (c'est placé, na!).i
L'hippodrome Pythique était situé tout juste au pied du Mont Parnasse, consacré à Apollon et aux neuf Muses, là où selon l'anectode d'Homère (hellénophile de naissance), Ulysse fût blessé par un sanglier - y a pas qu'en Ardennes. Selon Wi kipedia, la gare homonyme de Paris (sans circonflexe) tirerait son nom d'une butte de gravats, que les étudiants héllénophiles du Quartien Latin (des Plutarque modernes) auraient affublée de ce célèbre nom antique, butte rasée pour faire place au quartier homonyme. Un de ses habitants célèbres fût Guillaume Apollinaire, de par son premier et cinquième(!) prénom, et dont le cinquième vénère à sa façon l'antique Mont. Ironie des choses, la muse de Guillaume, Maria Dubois, spirituelle mais pas Pythie, était de Stavelot, au pays des sangliers.
Références: remacle.org, wikipedia.org, levif.be
Son truc à lui, Plutarque, ce sont les 'vies parallèles', biographies d'hommes illustres organisées par paire: un illustre Romain et son antique avatar, un illustre Grec. Illustration pour s'échauffer: Plutarque raconte les vies de Jules César et d'Alexandre-le-Grand, puis compare ces illustres. Fastoche pour le point commun: conquistador, comme Napoléon (ou Ysabel - pub gratuite pour un piconnaître antérieur). Plus cultivé: trouvez le point commun entre une autre paire d'illustres: Démosthène et Cicéron (c'est pas carré, humour pas très éloquent du prof de latin). L'indice en style mots croisés: Démosthène pratiquait la sienne avec des cailloux dans la bouche. Réponse adjectivée en ligne précédente.
Fini l'échauffement: quel est le point commun entre Aristide-le-Juste et Caton l'Ancien? Ayant recours à la traduction (ben oui, en bon hellénophile, Plutarque écrivait en grec ancien, hors de portée de mon prof de latin), je vous le donne en mille: l'avancement dans la fonction publique de par leur vertu. Tadam! Va vous falloir être créatifs pour élire vos illustres contemporains isothématiques. Les ingrédients vertueux sont pourtant connus (par exemple, commencer par fonder un Samu social) mais il n' y a pas de Recep à suivre.
Juge et militaire, fonctions assurées par Recep aujourd'hui, Aristide-le-Juste devint la tête de turc des jaloux d'Athènes, lui qui tira trop de gloire de sa droiture et de sa sagesse. Ce qui mena finalement à son ostracisme - comme quoi un bien bien acquis ne profite jamais non plus. L'ostracisme de la Grèce antique était une peine somme toute mesurée puisque le banni retrouvait l'entièreté de ses biens à son retour. Bien plus tard, Napoléon, naïf, avait visiblement cru être simplement victime d'ostracisme en revenant de son île d'Elbe - il aura fallu le convertir à une sainte Hélènephilie pour qu'il comprenne.
Dans la Grèce antique d'Aristide, l'ostracisme se prononcait par un vote populaire où l'on écrivait le nom du banni sur un ostracon: un tesson de poterie ou, à l'origine, une coquille (huitre se dit ostreon en grec ancien). L'anedocte de Plutarque fait sourire: "un paysan illettré demanda à un homme distingué de l'aider à inscrire sur son ostracon le nom d'Aristide. L'homme lui demanda ce qu'il reprochait à Aristide. « Rien » répondit le paysan. « Je ne le connais même pas, mais j'en ai assez de l'entendre partout appeler « Le Juste » ». À la suite de cela, Aristide - car c'était lui l'homme distingué - écrivit honnêtement sur le tesson le nom qu'on lui demandait".
Aristide était tellement sage que, fait unique de l'histoire locale, il fit rejeter la réponse de l'oracle! Fallait oser être droit à ce point là. En clair, on imagine qu'il usa de grande diplomatie pour faire comprendre à son collègue stratège (et aussi son meilleur ennemi), que la Pythie de Delphes, aussi chaste soit-elle, racontait n'importe quoi. Il résolut la chose en provoquant une deuxième consultation de la Pythie, qui se montra mieux inspirée.
La Pythie tire son nom du dragon-serpent Python vaincu par Apollon, une victoire célébrée par les jeux Pythiques à Delphes, deuxièmes en importance après ceux d'Olympe. Des courses de chars y étaient organisées, comme l'atteste la belle et rare statue de l'Aurige (photo), un des seuls cinq grands bronzes d'époque, statue contemporaine (enfin, à trois ans près) d'Aristide-le-Juste. On m'a dit récemment qu'elle avait de beaux yeux (c'est placé, na!).i
L'hippodrome Pythique était situé tout juste au pied du Mont Parnasse, consacré à Apollon et aux neuf Muses, là où selon l'anectode d'Homère (hellénophile de naissance), Ulysse fût blessé par un sanglier - y a pas qu'en Ardennes. Selon Wi kipedia, la gare homonyme de Paris (sans circonflexe) tirerait son nom d'une butte de gravats, que les étudiants héllénophiles du Quartien Latin (des Plutarque modernes) auraient affublée de ce célèbre nom antique, butte rasée pour faire place au quartier homonyme. Un de ses habitants célèbres fût Guillaume Apollinaire, de par son premier et cinquième(!) prénom, et dont le cinquième vénère à sa façon l'antique Mont. Ironie des choses, la muse de Guillaume, Maria Dubois, spirituelle mais pas Pythie, était de Stavelot, au pays des sangliers.
Références: remacle.org, wikipedia.org, levif.be
Tuesday, 12 September 2017
Jacques a dit
A l'armée, on s'exécute quand le chef a dit. En temps de guerre, on exécute même qui ne s'exécute pas. En quelque sorte, le verbe transitif est plus intransigeant, assassin même, que son pronominal réfléchi, quoique, à bien y réfléchir, moins meurtrier que son pronominal réciproque. Pensez à ceux qui se sont exécutés en duel pour une histoire de coeur ou de cul - même pas un match nul comme en sport, ni vainqueurs ni vaincus, juste un match vain, que deux vains culs par terre.
En nombres inversés aussi: vingt-deux par terre, en cas de trucides réciproques au couteau. Vingt-deux, synonyme de couteau pour les arsouilles du XIXeme, à cause de la longueur de la lame dudit "couteau d'arsouille". L'arsouille est un vrai voyou de bas étage - la gentille interprêtation d'enfant espiègle n'est qu'un exemple typique de belgicisme. Le vingt-deux est donc une arme, à l'origine (contestée) du célèbre appel aux armes "Vingt-deux, v'la les flics".
Appel aux armes. L'armée. En temps de guerre, le peloton d'exécution est un peloton d'exécutants du solitaire qui a refusé de s'éxécuter. Paradoxalement en entreprise, c'est plutôt l'éxécutant qui se retrouve seul à exécuter ce qu'a dit le peloton d'éxécutifs. Pour comprendre le rôle de l'exécutif, il suffit de se pencher sur le suffixe. Le "if" est un suffixe adverbial qui indique le pouvoir de déclencher l'action représentée par le verbe: c'est clair, le comité éxécutif a le pouvoir de déclencher l'exécution. Si c'est pas clair, pensez à purgatif.
Au pays des arsouilles, en enfance belge, la chaîne de commandement est plus simple, sans comité éxécutif, une approche militaire, avec 'le' chef. Un seul chef de jeu: on exécute ce que "Jacques a dit". Notons au passage l'approche pédagogique du Québec, où ce jeu d'exécution enfantin se complémente d'un exercice d'articulation digne des cailloux de Démosthène: on n'y joue pas à "Jacques a dit" mais à "Jean-Guy dit" (allez-y, articulez ving-deux fois de plus en plus vite, ça muscle les zygomatiques). Le grand voisin du Québec a réactualisé le jeu, en éructant ses ordres (reconnaissons là un sourci partagé pour l'articulation), comme des noms d'oiseaux, en 140 caractères: si Donald a dit, surtout ne pas exécuter.
A l'autre extrême de la planète, loin des habitudes de Donald, Jacques ne dit pas, mais Jacque se mange: la pomme de Jacque est le fruit national du Bangladesh, pomme hélàs nommée aussi 'fruit du pauvre', riche en fibres, consommée sous diverses formes en Asie du Sud-Est, même avec du lard fumé à La Réunion (le 'ti jaque boucané'). Le Jacquier produit aussi un latex, connu aussi comme "colle jacque', latex utilisé pour piéger les oiseaux. Que Twitter fasse gaffe au Bangladesh.
Ayant vaincu un rhinocéros au latex en début de carrière, Tintin aurait donc pu se faciliter la fin de carrière aussi, en restant sur le latex pour attraper la pie voleuse de bijoux. Inspiré par son vulgaire nom, la jaquette, on dit de la pie qu'elle jacasse. Il n'y a pas que la pie qui jacasse. Son pas-du-tout cousin, très éloigné physiquement, le chameau, jacasse aussi. Si si! Jacques vous a peut-être dit que le chameau blatère, mais ce nom vient du latin 'blaterare' - jacasser en français, babbelen en néerlandais. Le bélier blatère aussi d'ailleurs, la chamelle blatère, la bélière non - à croire que certaines femelles ne jacassent pas.
Quand la jacasse est négative (voire misogyne, hem), en d'autres mots si Jacques le babelaar parle de vous comme un chameau, on ajoute tout simplement un préfixe négatif, en disant de Jacques qu'il..dé-blatère.
En nombres inversés aussi: vingt-deux par terre, en cas de trucides réciproques au couteau. Vingt-deux, synonyme de couteau pour les arsouilles du XIXeme, à cause de la longueur de la lame dudit "couteau d'arsouille". L'arsouille est un vrai voyou de bas étage - la gentille interprêtation d'enfant espiègle n'est qu'un exemple typique de belgicisme. Le vingt-deux est donc une arme, à l'origine (contestée) du célèbre appel aux armes "Vingt-deux, v'la les flics".
Appel aux armes. L'armée. En temps de guerre, le peloton d'exécution est un peloton d'exécutants du solitaire qui a refusé de s'éxécuter. Paradoxalement en entreprise, c'est plutôt l'éxécutant qui se retrouve seul à exécuter ce qu'a dit le peloton d'éxécutifs. Pour comprendre le rôle de l'exécutif, il suffit de se pencher sur le suffixe. Le "if" est un suffixe adverbial qui indique le pouvoir de déclencher l'action représentée par le verbe: c'est clair, le comité éxécutif a le pouvoir de déclencher l'exécution. Si c'est pas clair, pensez à purgatif.
Au pays des arsouilles, en enfance belge, la chaîne de commandement est plus simple, sans comité éxécutif, une approche militaire, avec 'le' chef. Un seul chef de jeu: on exécute ce que "Jacques a dit". Notons au passage l'approche pédagogique du Québec, où ce jeu d'exécution enfantin se complémente d'un exercice d'articulation digne des cailloux de Démosthène: on n'y joue pas à "Jacques a dit" mais à "Jean-Guy dit" (allez-y, articulez ving-deux fois de plus en plus vite, ça muscle les zygomatiques). Le grand voisin du Québec a réactualisé le jeu, en éructant ses ordres (reconnaissons là un sourci partagé pour l'articulation), comme des noms d'oiseaux, en 140 caractères: si Donald a dit, surtout ne pas exécuter.
A l'autre extrême de la planète, loin des habitudes de Donald, Jacques ne dit pas, mais Jacque se mange: la pomme de Jacque est le fruit national du Bangladesh, pomme hélàs nommée aussi 'fruit du pauvre', riche en fibres, consommée sous diverses formes en Asie du Sud-Est, même avec du lard fumé à La Réunion (le 'ti jaque boucané'). Le Jacquier produit aussi un latex, connu aussi comme "colle jacque', latex utilisé pour piéger les oiseaux. Que Twitter fasse gaffe au Bangladesh.
Ayant vaincu un rhinocéros au latex en début de carrière, Tintin aurait donc pu se faciliter la fin de carrière aussi, en restant sur le latex pour attraper la pie voleuse de bijoux. Inspiré par son vulgaire nom, la jaquette, on dit de la pie qu'elle jacasse. Il n'y a pas que la pie qui jacasse. Son pas-du-tout cousin, très éloigné physiquement, le chameau, jacasse aussi. Si si! Jacques vous a peut-être dit que le chameau blatère, mais ce nom vient du latin 'blaterare' - jacasser en français, babbelen en néerlandais. Le bélier blatère aussi d'ailleurs, la chamelle blatère, la bélière non - à croire que certaines femelles ne jacassent pas.
Quand la jacasse est négative (voire misogyne, hem), en d'autres mots si Jacques le babelaar parle de vous comme un chameau, on ajoute tout simplement un préfixe négatif, en disant de Jacques qu'il..dé-blatère.
Friday, 1 September 2017
Conquista
La Castille, du latin 'castellum', prouve qu'on peut vraiment construire des châteaux en Espagne. Sa reine emblématique, Isabelle de Castille fût en quelque sorte le nombril de l'Espagne. Nombril duquel elle lancera même, au soir du 3 août 1492, ce grand cordon ombilical qui enverra sa langue et sa religion irriguer le pays des nouveaux Indiens. Sans Ysabel, point de Colomb, point d'Amérique dite latine, et point de Bergoglio.
Evaluer la longueur du cordon fût crucial à l'audace inouïe de Christophe Colomb de se lancer dans le vide océanique, à la découverte d'une nouvelle route des Indes. Audace mais pas suicide: la sphéricité de la terre étant connue depuis les grecs, Christophe avait compris qu'il ne tomberait pas dans un grand trou aux confins de la terre plate. Eratosthène calcula la circonférence de la terre - disons 40 000 km. Vu les deux mille ans qui le séparent d'Eratosthène, Colomb avait un peu oublié et, cherchant à calculer la distance jusqu'aux Indes par la route Ouest, il se basa sur les chiffres d'Alfraganus, astronome réputé de Baghdad, qui mesura le diamètre de la terre.
Bien sûr, c'est pi difficile de calculer une circonférence à partir du diamètre ("trois bons diamètres" disait mon grand-père). L'inverse non plus, sinon Alfraganus aurait eu très très chaud. Le problème n'est pas là! C'est qu'Alfraganus s'exprimait en 'mile' arabe et que Colomb a confondu avec le 'mile' romain (et vous qui pensiez que le 'mile' était anglais). Cette légèreté a raccourci le voyage dans sa tête: 25% de réduction gratis. Disons que le tour en tête ne faisait plus que 30 000 km.
Comme il ne voulait pas donner trop cher pour sa peau, Christophe s'est octroyé 25% de réduction de plus en tête, en minimisant la proportion du vide océanique à traverser (direction Ouest) par rapport à la proportion du continent Eurasie (direction Est sur la circonférence) - je vous réfère à Ptolémée pour les détails (en clair, allez voir chez les grecs). Avec 50% de réduction sur la caravelle, plus besoin de chercher une excuse pour ne pas voler Ryanair. On peine à imaginer son enthousiasme (il aurait probablement lancé sa propre flotte O'Colomb) s'il avait pu anticiper l'existence d'une escale au milieu: même pas besoin de rejoindre l'Eurasie en une traite, tout un nouveau continent pour faire le plein de cale. Les suivants, qui eux savaient, ne s'en sont pas privés paraît-il.
Mais la méthode Coué a du bon, il ne serait jamais parti sinon - point d'Amérique latine, point de Bergoglio. L'audace de Colomb c'est bien, encore fallait-il les sous d'Ysabel. Quoiqu 'elle fût appellée Isabelle la Catholique, elle ne resista pourtant pas à une tentation mortifère sur ses prochains: court-circuiter les conquistadors Portugais. Il faut dire que les Portugais étaient des cibles consentantes, résignées pour avoir déjà passé le cap de la Bonne Espérance. Ambitieuse et conquérante Ysabel, qui avait déjà su utiliser toutes ses armes pour conquérir l'Espagne: le mariage pour avoir le Nord (Ferdinand d'Aragon), et la religion pour avoir le Sud en chassant les musulmans (la 'Reconquista' de Grenade, fruit de sa passion).
Pour sûr, elle savait y faire et n'était point béate. Sa conquête établit la base de l'unification, et c'est effectivement de son nombril que sortira l'Espagne, unifiée officiellement par son petit fils. Bien que son nom soit d'origine hébreuse (Ysabel est le dérivé castillan de Elisabeth), elle institua aussi la persécution des juifs, à Séville notamment. Il leur était reproché, pour l'essentiel, de ne pas se montrer suffisamment sincère dans la foi chrétienne, qui leur avait été imposée sous menace de mort quelque temps auparavant. Cette institution fondée par Ysabel reçut un nom: l'inquisition. Et dire qu'on ouvrit officiellement au XXe siècle son procès en béatification. Demande renouvelée en 2002 par l'Eglise espagnole. Sans succès, elle n'est définitivement pas béate.
Réferences: www.newworldencyclopedia.org, wikipedia.org, archives.leforumcatholique.org
Evaluer la longueur du cordon fût crucial à l'audace inouïe de Christophe Colomb de se lancer dans le vide océanique, à la découverte d'une nouvelle route des Indes. Audace mais pas suicide: la sphéricité de la terre étant connue depuis les grecs, Christophe avait compris qu'il ne tomberait pas dans un grand trou aux confins de la terre plate. Eratosthène calcula la circonférence de la terre - disons 40 000 km. Vu les deux mille ans qui le séparent d'Eratosthène, Colomb avait un peu oublié et, cherchant à calculer la distance jusqu'aux Indes par la route Ouest, il se basa sur les chiffres d'Alfraganus, astronome réputé de Baghdad, qui mesura le diamètre de la terre.
Bien sûr, c'est pi difficile de calculer une circonférence à partir du diamètre ("trois bons diamètres" disait mon grand-père). L'inverse non plus, sinon Alfraganus aurait eu très très chaud. Le problème n'est pas là! C'est qu'Alfraganus s'exprimait en 'mile' arabe et que Colomb a confondu avec le 'mile' romain (et vous qui pensiez que le 'mile' était anglais). Cette légèreté a raccourci le voyage dans sa tête: 25% de réduction gratis. Disons que le tour en tête ne faisait plus que 30 000 km.
Comme il ne voulait pas donner trop cher pour sa peau, Christophe s'est octroyé 25% de réduction de plus en tête, en minimisant la proportion du vide océanique à traverser (direction Ouest) par rapport à la proportion du continent Eurasie (direction Est sur la circonférence) - je vous réfère à Ptolémée pour les détails (en clair, allez voir chez les grecs). Avec 50% de réduction sur la caravelle, plus besoin de chercher une excuse pour ne pas voler Ryanair. On peine à imaginer son enthousiasme (il aurait probablement lancé sa propre flotte O'Colomb) s'il avait pu anticiper l'existence d'une escale au milieu: même pas besoin de rejoindre l'Eurasie en une traite, tout un nouveau continent pour faire le plein de cale. Les suivants, qui eux savaient, ne s'en sont pas privés paraît-il.
Mais la méthode Coué a du bon, il ne serait jamais parti sinon - point d'Amérique latine, point de Bergoglio. L'audace de Colomb c'est bien, encore fallait-il les sous d'Ysabel. Quoiqu 'elle fût appellée Isabelle la Catholique, elle ne resista pourtant pas à une tentation mortifère sur ses prochains: court-circuiter les conquistadors Portugais. Il faut dire que les Portugais étaient des cibles consentantes, résignées pour avoir déjà passé le cap de la Bonne Espérance. Ambitieuse et conquérante Ysabel, qui avait déjà su utiliser toutes ses armes pour conquérir l'Espagne: le mariage pour avoir le Nord (Ferdinand d'Aragon), et la religion pour avoir le Sud en chassant les musulmans (la 'Reconquista' de Grenade, fruit de sa passion).
Pour sûr, elle savait y faire et n'était point béate. Sa conquête établit la base de l'unification, et c'est effectivement de son nombril que sortira l'Espagne, unifiée officiellement par son petit fils. Bien que son nom soit d'origine hébreuse (Ysabel est le dérivé castillan de Elisabeth), elle institua aussi la persécution des juifs, à Séville notamment. Il leur était reproché, pour l'essentiel, de ne pas se montrer suffisamment sincère dans la foi chrétienne, qui leur avait été imposée sous menace de mort quelque temps auparavant. Cette institution fondée par Ysabel reçut un nom: l'inquisition. Et dire qu'on ouvrit officiellement au XXe siècle son procès en béatification. Demande renouvelée en 2002 par l'Eglise espagnole. Sans succès, elle n'est définitivement pas béate.
Réferences: www.newworldencyclopedia.org, wikipedia.org, archives.leforumcatholique.org
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